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L’Europe ne peut pas être retenue en otage !

par Clément Beaune Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes

Après plusieurs semaines de négociations avec les différentes Institutions européennes, le Plan de relance et le budget de l’Union européenne pour les prochaines années ont finalement été adoptés…

  Je tiens à préciser que, par rapport à l’accord trouvé au mois de juillet, ce Plan a été amélioré au cours de ces négociations. Un certain nombre de priorités politiques, essentielles pour la France et le Parlement européen, comme Erasmus, les Programmes de financement de la recherche – y compris des vaccins – ou le financement de notre coopération en matière sanitaire, ont vu leurs crédits augmenter, pour un total de 16 milliards d’euros.

À la suite de cet accord entre Institutions, deux pays ayant pourtant suivi, jour après jour, les négociations, ont fait état de leur volonté de bloquer l’ensemble de ce Paquet budgétaire pour des raisons politiques liées à l’État de droit. Cela pose, de nouveau, la question de l’unanimité et de nos modes de fonctionnement.

À court terme, nous avions néanmoins souhaité procéder au vote sur ce Paquet budgétaire au Conseil. Il était en effet essentiel que chacun assume ses responsabilités, notamment la Pologne et la Hongrie.

Je le dis très clairement, la France était déterminée à ne renoncer ni à la relance ni à ses valeurs et certainement pas au mécanisme de protection de l’État de droit. Avec la Présidence allemande de l’Union européenne, exercé jusqu’à fin décembre 2020, nous avons recherché des solutions pratiques pouvant passer par certaines clarifications techniques de ce mécanisme. Pour autant, aucune remise en cause n’était possible : ce sont nos valeurs et l’avenir de notre projet européen qui sont en jeu.

Nous avions dit aux pays qui causaient ce blocage que, en dernier ressort, nous regarderions comment avancer sans eux : l’Europe ne peut pas être retenue en otage par un certain nombre de Gouvernements ne souhaitant pas respecter le socle essentiel de notre projet politique.

Précision encore plus importante, cela ne remettait pas en cause le Plan de relance de 100 milliards d’euros. Bien que plus de 40 milliards d’euros soient apportés par l’Union européenne, cela ne ralentit pas la mise en œuvre, déjà commencée et qui se poursuit dans le cadre du projet de loi de Finances pour 2021, de l’intégralité du Plan, le financement européen venant, par la suite, l’accélérer et le rembourser.

Nous nous sommes battus pour aller au plus vite, sans remettre en cause l’ambition de la relance et encore moins notre ambition européenne.