Alain Malraux
Président de la Commission Malraux pour l’Europe de la Culture


En cette année du Cinquantenaire de la disparition d’André Malraux, j’ai souhaité, en tant que Président de la Commission Malraux, rappeler toute l’importance que l’auteur de La Condition Humaine attachait au Parlement et aux débats qui, à l’époque, enflammaient déjà l’Hémicycle avec, toutefois, rappelons-le, une tenue, un esprit, voire un sens de la répartie qui fait souvent cruellement défaut en ces temps pour le moins troublés…

Car la bourrasque qui assaille le monde politique et l’Assemblée nationale, si elle a toujours existé, montre aujourd’hui un certain paroxysme et la Une du Journal du Parlement le reflète, non sans humour.

Plus que jamais, le Grand Livre de notre Constitution contribue avec force à ce que notre République, résiste de manière exemplaire malgré les tempêtes que traverse le pays.

C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’a été conçu le Livre Blanc de la Vème République, que patronne notre Commission et qui a permis de commencer à retrouver les très nombreuses contributions de la classe politique française (et même internationale) apportées à ce Journal qui, comme le rappelait le Doyen Laurent Wirth, Historien, grand spécialiste de ces sujets, est considéré comme l’un des plus anciens titres de presse existants… 

De Nicolas Sarkozy à Gérard Larcher, d’Édouard Balladur à Jean-Pierre Raffarin ou Irina Bokova, comme avant eux Jacques Chirac, Edgar Faure ou Valéry Giscard d’Estaing, tous ont ainsi été présents et ont apporté la richesse de leurs analyses ou la vigueur de leurs Tribunes comme autant de témoignages pour éclairer l’Histoire de notre pays.

Pour en revenir à mon propos liminaire, un mot d’André Malraux semble particulièrement de circonstance : « l’homme est ce qu’il fait ! ». C’est dire si, au-delà de ses paroles, le politique entend les mettre en action. On peut parfois en douter… Mais le seul résultat qui vaille, c’est l’impulsion qu’il peut donner. Une impulsion, hélas,  trop souvent chancelante ! 

Aussi, souhaitons que la lecture de ces pages et des plus grands noms qui, d’hier à aujourd’hui, les ont nourries, prouve en effet plus que jamais et malgré les difficultés du quotidien, combien le patrimoine – unique – qui le compose est à même de rendre plus intelligibles les grands enjeux, qu’ensemble nous traversons… 

Croquis d’André Malraux (qu’il appelait ses « Dyables ») sur les signatures ministérielles illisibles…